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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 15:54

Dans le journal LA CROIX du 15 février 2012




Des familles coptes expulsées de leur village près d’Alexandrie


À la suite d’une rumeur concernant une liaison entre un chrétien et une musulmane, un tribunal traditionnel a décidé d’expulser huit familles coptes du village de Sharbat.
Les députés locaux soutiennent ces expulsions et la confiscation des biens.
Le comité des droits de l’homme du Parlement égyptien tente une médiation.



L’histoire est banale : le mois dernier, la rumeur court dans le village de Sharbat, à quelques kilomètres d’Alexandrie, qu’un jeune copte a une liaison avec une jeune fille musulmane du village. Il aurait des vidéos compromettantes d’elle sur son téléphone portable. Dans la nuit du 26 au 27 janvier, Mourad Girgis, le jeune copte en question, et un ami musulman, Mohamed Taaima, qui est soupçonné d’avoir fait circuler la rumeur, sont arrêtés. « Jusqu’à présent, les habitants que j’ai interrogés ont entendu parler de la vidéo, mais personne ne l’a vue », insiste Ishak Ibrahim, chercheur à l’ Egyptian Initiative for Personnal Rights, une ONG de défense des droits de l’homme.
Que la dispute soit partie d’une simple rumeur ou de faits tangibles, elle est bien réelle aujourd’hui. Le vendredi 27 janvier, des centaines de jeunes musulmans en colère, emmenés par un cheikh et armés de bâtons, couteaux et armes à feu, arrivent devant la maison de Mourad Girgis. Ils pillent les trois magasins de Mourad et de ses frères, puis veulent mettre le feu à l’immeuble, mais des résidents musulmans les en empêchent. Certains protègent leurs voisins chrétiens.
La foule attaque ensuite d’autres maisons habitées par des coptes. L’un d’eux, Luis Souleiman, tire en l’air pour empêcher que le magasin de son père soit pillé, des coups de feu sont échangés. Pendant ce temps, les forces de l’ordre sont aux abonnés absents. « Les habitants coptes et des responsables de l’Église ont appelé la police, l’armée et les pompiers. Mais on leur a répondu qu’on attendait que “les choses se calment” pour intervenir ! », s’étrangle Ishak Ibrahim.

La peur domine chez les familles coptes
Trois jours plus tard, une « séance de réconciliation » – une forme de justice tribale fréquemment utilisée lors de tensions interreligieuses – a lieu à Sharbat. Le gouverneur d’Alexandrie, des députés salafistes et Frères musulmans y assistent, ainsi qu’un sheikh salafiste et le prêtre du village voisin, le P. Buqtur Nashed. Les leaders musulmans décident l’expulsion de la famille de Mourad Girgis. Mais pour la foule rassemblée au- dehors, c’est insuffisant. Des maisons coptes sont à nouveau incendiées.
Le 2 février, le comité de réconciliation décide que huit familles, liées à Mourad Girgis ou Luis Souleiman, doivent quitter le village. Les biens du père de Souleiman, l’homme le plus riche de Sharbat, seront confisqués et vendus aux enchères. « Les autorités font pression sur les plus faibles, les coptes, pour qu’ils acceptent ces décisions injustes, souligne Ishak Ibrahim. Il est honteux que les officiels fournissent une façade de légalité pour ces crimes, sous la forme d’une réconciliation qui punit les victimes et dédouane les criminels. » Une méthode largement employée sous Hosni Moubarak, qui se substitue à une enquête et à la condamnation des coupables.
Les deux « suspects » sont, eux, toujours en prison, et la balle est désormais dans le camp de la nouvelle Assemblée du peuple. Le député libéral Emad Gad a demandé la semaine dernière que les événements de Sharbat y soient discutés. Face à la réticence du président de l’Assemblée (issu des Frères musulmans), le sujet a finalement été débattu par le comité des droits de l’homme du Parlement.
« Ils ont décidé d’envoyer une délégation à Sharbat pour négocier avec les habitants le retour des familles chrétiennes. C’est un pas positif », estime Ishak Ibrahim. Mais pour le moment, dans le village, où ne résident que 54 familles coptes, la peur domine, reconnaît Kamil Sawiris, secrétaire du Conseil financier de l’Église à Alexandrie. « C’est relativement calme maintenant. Mais les chrétiens craignent de nouvelles attaques. »


Nina Hubinet, au Caire



Eglise St Pierre d'Arène – NICE

 

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Published by Eglise Nice Centre
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